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Chapitre 7

Jésus Christ, vrai Dieu et vrai homme

Script de la vidéo

Introduction 

Jésus-Christ est vrai Dieu et vrai homme. Nous avons déjà abordé le premier point dans un chapitre précédent sur la Sainte Trinité. Le Fils de Dieu est Dieu.

Dans ce chapitre, nous allons nous intéresser davantage au second point. Ce même Fils éternel du Père, qui est vrai Dieu, s'est véritablement fait homme pour notre salut afin de réconcilier le monde avec Dieu et de nous ramener vers le Père. C’est ce que nous pouvons lire dans les premières lignes de l'Évangile selon saint Jean.

« Au commencement était le Verbe, et le Verbe était avec Dieu, et le Verbe était Dieu […] et le Verbe s'est fait chair et il a habité parmi nous. »

« Le Verbe s'est fait chair. » Cela signifie que le Fils de Dieu s’est fait homme. Nous résumons ce mystère en un mot, l'Incarnation. Cette descente du Verbe est vertigineuse, comme le montre saint Paul dans sa lettre aux Philippiens.

Saint Paul écrit à une communauté qu'il avait visitée quelque temps auparavant. Il cite un texte que certains considèrent comme une hymne chrétienne primitive sur le Christ : un poème que saint Paul et les destinataires de sa lettre devaient connaître. En fait, cette hymne serait, selon eux, le plus ancien texte sur Jésus qui nous soit parvenu, plus ancien même que la rédaction des quatre Évangiles. Écoutons ce que Paul dit à propos de Jésus. 

« Le Christ Jésus, ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes. Reconnu homme à son aspect, il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix. »

Le mystère de l'Incarnation 

Ce texte nous enseigne deux choses sur l'identité de Jésus. 

Premièrement, la personne de Jésus, la personne du Fils — la 2e Personne de la Sainte Trinité, si vous préférez — est Dieu. Le Fils égal au Père est envoyé par le Père. Cette Personne divine, donc, préexiste à sa conception et à sa naissance en tant qu'homme.

Deuxièmement, au temps voulu par Dieu, la Personne du Fils a été envoyée par le Père pour assumer notre nature humaine. Une nature humaine complète, avec un corps et une âme, avec une intelligence et une volonté — bref, une véritable nature humaine. Il est né d’une mère humaine, il a des émotions humaines, il est vulnérable à la souffrance et à la mort.

En théologie catholique, on dit ainsi qu’en Jésus-Christ, il y a une seule personne en deux natures. Une seule Personne ? Le Fils de Dieu. Deux natures ? La nature divine et la nature humaine. Le Fils unique de Dieu, qui est Dieu, a pris notre nature humaine dans le sein de la Vierge Marie.

Le pape saint Léon le Grand a bien exprimé ce mystère dans cette lettre : 

« Le Fils de Dieu entre donc dans la basse région du monde qui est la nôtre, en descendant du séjour céleste sans quitter la gloire de son Père ; il est engendré selon un ordre nouveau et par une naissance nouvelle.

En effet, le même qui est vrai Dieu est aussi vrai homme, et il n'y a aucun mensonge dans cette unité, puisque la bassesse de l'homme et la hauteur de la divinité se sont unies dans cet échange.

De même que Dieu n'est pas changé par sa miséricorde, de même l’homme n’est pas englouti par une telle dignité. Chacune des deux natures agit en communion avec l'autre, mais selon ce qui lui est propre : le Verbe opère ce qui appartient au Verbe, et la chair exécute ce qui appartient à la chair. »

Pourquoi le Fils s'est-il fait homme ?

Pour notre salut

Cette vérité profonde sur ce qu’est le Christ se déploie ensuite en une vérité profonde sur ce que fait le Christ. Le Fils éternel a été envoyé dans le monde par le Père et s'est fait homme pour le salut du monde.

C’est ce que dit la première lettre de saint Jean : « Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde afin que nous vivions par lui ».

De son côté, saint Paul témoigne de la même chose dans l'épître aux Galates : 

« Mais lorsqu’est venue la plénitude des temps, Dieu a envoyé son Fils, né d’une femme et soumis à la loi de Moïse, afin de racheter ceux qui étaient soumis à la Loi et pour que nous soyons adoptés comme fils. »

La raison de l'Incarnation, la raison pour laquelle une personne qui est vraiment Dieu est devenue vraiment homme, c’est « pour nous, les hommes, et pour notre salut », ainsi qu’on le dit dans le Credo

Pour faire de nous des enfants de Dieu 

Après que nos premiers parents ont péché, comme nous le lisons dans l'histoire d'Adam et Ève, l'humanité a été corrompue par le péché et condamnée à mourir.

Jésus est venu comme Sauveur ; il a assumé notre nature humaine afin de la racheter et de l’élever pour que nous participions à sa divinité, et, plus précisément, pour que nous participions à sa propre filiation, puisque nous devenons en Lui des fils et des filles adoptifs de Dieu. 

C'est pourquoi il est si important de professer que Jésus est vrai Dieu et vrai homme. En tant qu’homme, il partage véritablement notre condition. On pourrait dire qu'il sauve la nature humaine comme « de l'intérieur ». En tant que Dieu, il apporte la vie éternelle de Dieu à notre humanité, afin que nous puissions être élevés au point de partager sa divinité.

Cette vérité est si profonde qu'il est difficile pour notre esprit de la saisir pleinement. Mais c'est en fait le cœur du message chrétien, et c'est pourquoi l'Église a pris tant de soin à préserver et à proclamer la pleine divinité et la véritable humanité de Jésus. 

Le Christ, l'Oint de l'Esprit

Revenons aux Évangiles pour parler d'une autre facette du mystère du Christ. En tant qu'homme, Jésus est oint, c’est-à-dire imprégné, par le Saint-Esprit.

Jésus lui-même a cité les paroles du prophète Isaïe dans la synagogue de Nazareth, en disant : « L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. »

Vous pouvez également penser à l'Évangile qui raconte le baptême de Jésus dans le Jourdain :

« L’Esprit Saint, sous une apparence corporelle, comme une colombe, descendit sur Jésus. »

Attention ! Certains ont parfois compris que c’est à ce moment-là que Jésus devient le Fils de Dieu, ou qu'il n'a commencé à posséder le Saint-Esprit qu’à partir de son baptême. Non. Cet événement — le baptême de Jésus — était plutôt une manifestation extraordinaire, au début de son ministère public, de sa véritable identité. Cette identité, il la possédait bien sûr dès le premier instant de sa vie terrestre : dès sa conception.

Et quelle est cette identité ? Il est vrai Dieu, le Fils éternel de Dieu ; il est vrai homme, et en tant qu’homme, son humanité est imprégnée de l’Esprit Saint. C'est d’ailleurs ce que signifie le mot « Christ ». Christos est la traduction grecque du mot hébreu Messie, qui signifie « l'Oint », celui qui a reçu l’onction. Dans son humanité très sainte, Jésus possédait tous les dons spirituels et toutes les grâces qu’un être humain puisse recevoir de l’Esprit Saint. Il avait, par exemple, tous les dons de la prophétie, et même de connaissance, de sorte qu’il pouvait vraiment lire dans le cœur et l’esprit de ceux qui l’entouraient.

Comme le dit Jean 2, 24-25, 

« Jésus connaissait tous [les hommes] et n’avait besoin d’aucun témoignage sur l’homme ; lui-même, en effet, connaissait ce qu’il y a dans l’homme. »

Le Christ révèle le Père

De plus, Jésus a une connaissance parfaite de Dieu. Il contemple constamment le visage du Père. En tant que Parole, Verbe de Dieu, il est donc la révélation la plus parfaite possible de Dieu au monde.

Il s'exprime avec des mots humains, des images humaines, des paraboles tirées des expériences que quelqu'un qui vivait en Palestine au premier siècle pouvait faire ; mais il le faisait afin de nous révéler qui est Dieu. En d'autres termes, le Christ est le maître le plus parfait parce qu'il est la Parole de Dieu faite chair, le Verbe incarné. 

Les œuvres du Christ 

De même, Jésus a accompli de nombreux miracles. C’est l'un des aspects les plus frappants des Évangiles : ils montrent Jésus accomplissant ces miracles grâce à un pouvoir qu'il possède en lui-même, ce qui est une autre façon de montrer l'autorité divine de Jésus. Ces miracles confirment la vérité de ce que Jésus dit et enseigne.

Ainsi, quand les pharisiens doutent que Jésus ait le pouvoir de pardonner les péchés, Jésus prouve qu'il a ce pouvoir en guérissant un homme paralysé.

Le signe décisif : la Résurrection

Mais le plus grand miracle de Jésus, bien sûr, c’est sa résurrection, trois jours après sa mort sur la Croix et sa mise au tombeau. Cet événement prodigieux, plus que toute autre chose, montre comment la venue de Jésus a détruit la mort et donné la vie. 

C’est le thème de notre prochain chapitre.

 

Bible et Art

L'adoration des mages — Matthieu 2, 1-12

Comme Jésus était né à Bethléem de Judée aux jours du roi Hérode voici, des mages d’Orient vinrent à Jérusalem disant :

— Où est le roi des Juifs qui est néCar nous avons vu son étoile à l’orient et nous sommes venus l’adorer.

Pour aller plus loin...

Catéchisme et Youcat

Catéchisme de l'Eglise catholique nn. 422-570.

Youcat nn. 71-79

Livres

LÉON LE GRAND, Sermons, t. I, coll. « Sources Chrétiennes », no 22bis, Paris, Cerf,

1964.

Edward SCHILLEBEECKX, Le Christ sacrement de la rencontre de Dieu, coll. « Lex

Orandi », Paris, Cerf, 1964.

Bernard SESBOUË, Jésus-Christ dans la tradition de lÉglise, coll. « Jésus et Jésus-

Christ », no 17, Paris, Desclée de Brouwer, 2000.

Jean-Pierre TORRELL, Quand saint Thomas parle du Christ, Paris, Cerf, 2021.

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