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Chapitre 32

La confession fréquente

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La confession fréquente : chemin de conversion et de croissance spirituelle

La vie chrétienne est une vie de communion avec Dieu… mais aussi une vie de combat spirituel. Le baptisé, tout en ayant reçu la grâce, demeure marqué par la fragilité héritée du péché originel et exposé au péché. Nous le prions souvent dans le Notre Père : « Ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du mal. » C’est pourquoi le Christ, qui est « l’ami des pécheurs », a voulu donner à son Église un sacrement spécifique pour la réconciliation : le sacrement de la pénitence et de la réconciliation, communément appelé la confession.

La pratique régulière de ce sacrement occupe une place importante dans la tradition spirituelle de l’Église, non seulement pour le pardon des péchés graves, mais aussi comme moyen de croissance dans la vie chrétienne. (Dans ce domaine, il est toujours possible de mieux faire !).

1. Le péché et la miséricorde de Dieu

La foi chrétienne affirme donc avec réalisme que le péché demeure une réalité dans la vie des croyants. (Vous le savez bien). Le péché blesse la relation avec Dieu, affaiblit la charité et introduit un désordre intérieur dans la personne humaine et dans le monde.

La bonne nouvelle toutefois, c’est que face au péché, Dieu ne se détourne pas de l’homme. Toute l’histoire du salut manifeste précisément la patience et la miséricorde de Dieu, qui appelle sans cesse l’homme à la conversion. Cette miséricorde trouve son expression la plus haute dans la mission du Christ, venu non pour condamner, mais pour sauver. Le sacrement de la réconciliation s’inscrit dans cette dynamique de miséricorde offerte et accueillie.

Après sa résurrection, le Christ confie ainsi aux apôtres une mission particulière : « Recevez l’Esprit Saint. Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis. » Par ces paroles, le Christ institue le sacrement de la réconciliation et confie à l’Église le pouvoir de remettre les péchés en son nom.

Ce sacrement n’est donc pas une simple démarche privée entre l’homme et Dieu. Il est un acte ecclésial, dans lequel le Christ agit par le ministère de l’Église (du prêtre) pour rétablir avec certitude la communion blessée par le péché. La réconciliation avec Dieu et la réconciliation avec l’Église (qui est le Corps/l’Épouse du Christ) est inséparable.

2. La structure du sacrement

On dit en général que la confession comporte des actes du pénitent et une action sacramentelle de l’Église. Le pénitent, qui a préparé son examen de conscience, est appelé à reconnaître ses péchés avec vérité, à en éprouver un regret sincère et à exprimer son désir de conversion. Soyons clairs cependant : l’aveu des péchés n’est pas une humiliation déprimante, mais un acte de vérité effectué sous le regard du Sauveur. Il permet de nommer le mal pour s’en détacher et s’ouvrir à la miséricorde de Dieu. Par l’absolution sacramentelle, le prêtre, agissant au nom du Christ, remet les péchés et rétablit le pénitent dans la grâce, dans l’amitié divine. La pénitence donnée manifeste le désir de réparer et de progresser dans la vie chrétienne.

Précisons les choses. Le sacrement de la réconciliation est nécessaire pour le pardon des péchés graves commis après le baptême. Il permet une résurrection intérieure (dont Dieu seul est capable), en particulier dans le cas des péchés mortels, autrement dit des offenses graves accomplies contre la loi de Dieu et qui tuent la vie divine dans l'âme du pécheur, chassant ainsi la grâce sanctifiante. Le péché mortel nous détourne de Dieu. Il consiste à aimer quelque chose de créé plus que Dieu. Il détruit donc l’amitié avec Dieu, la charité. En voici la recette : pour qu'un péché soit mortel, trois conditions cumulatives doivent être réunies : il doit s'agir de quelque chose d’objectivement grave ; vous devez avoir pleinement conscience que l'acte est mauvais et vous devez y consentir librement. Parallèlement, si un péché n’est pas mortel (dans le cas où ces trois conditions ne sont pas réunies), il est dit véniel.

3. De la fréquente confession

Si le sacrement de pénitence vise d’abord le péché mortel (ce péché qui conduit à la mort de l’âme et qui nécessite une résurrection spirituelle), la confession ne se limite pas à cette fonction. L’Église, en vertu d’une longue tradition spirituelle, recommande également la confession régulière des péchés véniels. D’une part, parce qu’il faut être lucide : le péché véniel, en effet, implique une sorte de négligence, une déviation de l’attention vers Dieu, le bien suprême. Si donc on laisse les péchés véniels s'accumuler, ils ont tendance à s'aggraver lentement, et à exposer le baptisé à une grande chute dans le péché mortel. D’un point de vue préventif, la confession est donc précieuse.

De nombreux fruits peuvent en outre en découler : elle aide tout d’abord à mieux se connaître à la lumière de Dieu. Comme le disait Ste Thérèse d’Avila, « la vérité, c’est l’humilité », ou encore Saint Paul, « quand je suis faible, c'est alors que je suis fort » (2 Co 12, 10). Reconnaissons-le, lorsque nous pensons pouvoir nous débrouiller seuls, nous nous leurrons, mais lorsque nous réalisons à quel point nous sommes faibles, nous commençons à compter sur la puissance du Christ, et cette puissance est bien plus grande que notre faiblesse.

a. La confession régulière

La confession fréquente aide aussi à discerner les racines du péché et à progresser dans la conversion. Elle fortifie la conscience, affine le sens moral et soutient l’effort de vigilance spirituelle. En recevant régulièrement le pardon de Dieu et les divers conseils que le prêtre peut donner à cette occasion, le chrétien grandit dans la confiance et dans la gratitude. De cette manière, la confession permet d’évaluer avec plus de justesse, sans scrupule ni légèreté, la gravité de nos péchés. La confession fréquente nourrit également la charité, en libérant le cœur de ce qui l’entrave et en disposant l’âme à recevoir plus pleinement la grâce.

b. La confession et la vie eucharistique

Il existe du reste un lien étroit entre le sacrement de la réconciliation et celui de l’Eucharistie. C’est d’ailleurs pour cela que l’Église, qui est une mère, nous commande de nous confesser au moins une fois par an. La confession prépare en effet le cœur à une communion plus fructueuse au Corps du Christ. Prenons un exemple : lorsque l’on reçoit un invité de marque chez soi, on fait en sorte que la maison soit propre et bien rangée pour honorer l’invité… Il en va de même pour nous lorsque nous recevons le Seigneur.

Lorsque la conscience est troublée par le péché, la confession permet de retrouver la paix intérieure et de s’approcher de l’Eucharistie avec une disposition plus juste. Inversement, la communion fréquente (qui est majoritaire aujourd’hui) devrait nourrir en principe le désir de conversion et de pureté du cœur. Ces deux sacrements s’éclairent ainsi et se soutiennent mutuellement dans la vie chrétienne. L’un ne va pas sans l’autre.

c. Les difficultés et les résistances

La pratique de la confession peut évidemment rencontrer des résistances ; ne soyons pas dupes : la crainte, la honte, l’habitude de se justifier ou la tentation de banaliser le péché. La tradition de l’Église invite cependant à dépasser ces obstacles par la foi. Le sacrement de la réconciliation n’est pas un jugement humain, mais une rencontre avec la miséricorde du Christ. D’ailleurs, le prêtre n’est pas le propriétaire du pardon, mais son serviteur. Il agit comme instrument du Christ, dans une attitude d’écoute et de discrétion. Il n’est que le témoin de l’aveu fait à Dieu. Il est donc tenu à un secret absolu. De fait, certains prêtres sont morts martyrs pour protéger ce secret.

Conclusion

Comme le Christ le disait à sainte Faustine : « Le plus grand pécheur atteindrait une grande sainteté, s'il voulait seulement faire confiance à ma miséricorde. »

La confession fréquente est donc un don précieux pour la vie chrétienne. Le tout n’est pas d’éviter le péché et d’en être pardonné ; il s’agit aussi de progresser petit à petit dans la relation au Christ. Le sacrement permet de vivre dans une relation plus vraie avec Dieu, de s’ouvrir toujours davantage à la miséricorde divine. Pratiqué avec foi et simplicité, ce sacrement qui peut faire peur, devient en réalité un chemin de paix intérieure, de liberté spirituelle et de fidélité à l’appel du Christ qui invite chacun à le suivre sur la voie de la sainteté.

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George Desvallières, Sacré-Coeur aux enfants

Bible et Art

Sacré Cœur aux enfants — Ezéchiel 36, 26-27

Je vous donnerai un cœur nouveau et je mettrai au-dedans de vous un esprit nouveau : j’ôterai de votre chair le cœur de pierre et je vous donnerai un cœur de chair. Je mettrai au-dedans de vous mon Esprit, je ferai que vous marchiez dans mes préceptes et que vous guardiez mes jugements et les pratiquiez.

Pour aller plus loin...

Catéchisme et Youcat

Catéchisme de l'Eglise catholique nn. 1425-1429 ; 1450 ; 1460.

Youcat nn. 458.

Livres

Christian VENARD, La confession, mode d’emploi, Perpignan, Artège, 2012.

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