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Chapitre 29

Sacerdoce et vie religieuse

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Le sacerdoce et la vie religieuse : des vocations au service de l’Église

Au baptême, chacun est appelé à la sainteté. « Soyez saint, comme moi le Seigneur je suis saint ». Cette vocation est celle de tout chrétien, mais elle peut se concrétiser de différentes manières. Comme autant de façons de refléter quelque chose de la perfection de Dieu, de la profondeur de sa vie et de son amour, qui ne saurait être épuisée par un seul état de vie.

Deux formes de vie manifestent ici un lien au Christ tout spécifique : le sacerdoce et la vie religieuse. On le voit dans l’Évangile, le Christ, qui prêchait la Bonne Nouvelle à tous, en a appelé certains (ceux qu’il voulait) à le suivre de manière plus particulière.

Ainsi, au sein du peuple de Dieu, certaines vocations sont données pour servir plus directement la croissance spirituelle de l’Église. Ces vocations spécifiques ne séparent donc pas de l’Église ; elles en manifestent la richesse et la fécondité. Elles sont données non seulement pour ceux qui les reçoivent, mais aussi pour l’édification de tout le Corps du Christ.

Comme le dit S. Paul, dans l’épître aux Éphésiens, « les dons quil a faits, ce sont les Apôtres, et aussi les prophètes, les évangélisateurs, les pasteurs et ceux qui enseignent. De cette manière, les fidèles sont organisés pour que les tâches du ministère soient accomplies et que se construise le corps du Christ » (Ep 4, 11-12).

Les religieux et les religieuses, et tous les consacrés, s’attachent au Christ d’une manière exclusive. Les prêtres, quant à eux, sont ordonnés pour servir au salut des âmes. Précisons.

1. Le sacerdoce ministériel : grâce et mission
a. Sacerdoce commun et sacerdoce ministériel

Dans l’Église, il y a deux types de sacerdoce : le sacerdoce commun et le sacerdoce ministériel. Le sacerdoce commun est celui de tous les baptisés. Il s’agit de « faire de sa vie un sacrifice d’agréable odeur », comme dit S. Paul, une louange à Dieu.

Le sacerdoce ministériel, quant à lui, est au service de cette sainteté de tous les fidèles.

b. Le sacrement de l’Ordre

Ce sacerdoce, institué par le Christ, est transmis par le sacrement de l’ordre. Ce sacrement trouve son fondement dans le choix des apôtres et dans la mission que le Christ leur confie : annoncer l’Évangile, célébrer les sacrements et conduire le peuple de Dieu. Par l’ordination, certains hommes sont configurés au Christ prêtre, pasteur et serviteur. Cet appel est à la fois une grâce et une mission.

On distingue trois degrés dans le sacrement de l’ordre : l’épiscopat (les évêques), le presbytérat (les prêtres) et le diaconat (les diacres). L’épiscopat est la plénitude du sacrement de l’ordre : les évêques sont successeurs des apôtres. Le presbytérat donne aux évêques des collaborateurs. Le diaconat représente le Christ serviteur.

Par l’ordination, on est configuré au Christ en devenant un instrument de la grâce de Dieu, un dispensateur des choses divines, pour l'édification d'un peuple saint. Un caractère surnaturel, une marque spirituelle indélébile est imprimée dans le prêtre. Par ce pouvoir, il offre des prières et des sacrifices au nom du peuple, et sert de canal pour que Dieu accorde ses dons et ses bénédictions. Par son ministère sacerdotal, il exhorte, inspire et nourrit le peuple dans sa quête de Dieu.

On comprend ainsi que cette configuration permet au prêtre dagir au nom et par la vertu du Christ, en particulier dans la célébration des sacrements. Le sacerdoce ministériel est ainsi essentiellement ordonné au service des fidèles. Il nest pas un privilège personnel, mais une mission reçue pour le bien de l’Église. Dieu l’a voulu ainsi dans sa miséricorde pour son Peuple. Le prêtre est un signe de la proximité et de l'amour de Dieu. Quelle que soit sa sainteté personnelle, nous sommes sûrs que le Christ agit par le prêtre dans les actions sacramentelles.

c. Le sens du célibat sacerdotal

La mission du prêtre est donc de rendre le Christ présent dans son Église.

C’est pourquoi l’Église a toujours maintenu un lien étroit entre le célibat et le sacerdoce ministériel. Il nest pas une simple discipline extérieure, mais un signe spirituel. Par le célibat, le prêtre manifeste son don total au Christ et à l’Église, à l’exemple du Christ Époux qui s’est livré pour son Épouse. Il exprime ainsi une disponibilité particulière pour le service du Royaume de Dieu. Comme le disaient déjà les Apôtres au Seigneur : « Voici que nous avons tout quitté pour te suivre ». Ce choix, vécu dans la foi, est un témoignage de lespérance chrétienne et de la primauté de Dieu. Le célibat sacerdotal demande un enracinement profond dans la vie spirituelle et dans la communion ecclésiale.

2. La vie religieuse

À côté de cette vocation spécifique qu’est le sacerdoce ministériel, se trouve un autre don, une autre consécration, celui de la vie religieuse.

Elle est caractérisée par la pratique radicale des conseils évangéliques : pauvreté, chasteté et obéissance. Ils nous sont donnés par le Christ comme des moyens excellents de perfection spirituelle, pour le suivre. Ces conseils, vécus par les religieux et religieuses, ne sont pas réservés à une élite morale. Ils sont un signe visible de la radicalité de l’Évangile, et rappellent à toute l’Église la vocation universelle à la sainteté.

La vie religieuse prend des formes diverses, selon le charisme de chaque communauté, qui expriment la richesse de laction de lEsprit Saint dans l’Église. La vie contemplative est adoptée par les moines et les moniales, – les bénédictins par exemple – qui consacrent leur vie de manière quasi exclusive à la prière. La vie active est celle des religieux qui exercent dans le monde des œuvres de miséricorde spirituelles ou corporelles, comme les petites sœurs des pauvres qui accompagnent les personnes âgées. Certains se consacrent à l’évangélisation et à la prédication, comme les dominicains ou les jésuites.

Par leur vie donnée à Dieu, les religieux contribuent au salut du monde. Leur consécration est toujours, de quelque manière, ordonnée au service de l’Église et du monde. Par leur prière, leur vie communautaire et leur mission, ils participent à l’œuvre du Christ, même si c’est parfois de manière très discrète ou cachée.

En outre, la vie religieuse rappelle à l’Église que sa finalité ultime nest pas de ce monde. Cette vie consacrée est un signe eschatologique ; autrement dit, elle oriente le regard de tous, vers le Royaume de Dieu et soutient lespérance chrétienne.

Conclusion

Le sacerdoce et la vie religieuse sont des dons précieux que Dieu fait à toute son Église et à ceux qu’il appelle. Dans leur diversité, ces vocations particulières et celle de la vocation commune (baptismale) ne s’opposent pas, mais au contraire se complètent. Chaque vocation manifeste un aspect du mystère du Christ et contribue à la mission de l’Église, qui est de rendre le Christ présent dans le monde. L’unité de l’Église ne repose donc pas sur l’uniformité, mais sur la communion des vocations dans la charité.

Chaque chrétien a ainsi le devoir d’être disponible aux appels de Dieu (pour sa propre sanctification et pour le service de tout le corps mystique) et de prier pour les vocations.

Bible et Art

Le bon Berger, Jean 10, 11-18

Moi je suis le bon pasteur. Le bon pasteur donne sa vie pour les brebis. Mais le mercenaire, lui qui n’est pas pasteur et à qui n’appartiennent pas les brebis, voit venir le loup, laisse les brebis et s'enfuit et le loup ravit et disperse les brebis.

Pour aller plus loin...

Catéchisme et Youcat

Catéchisme de l'Eglise catholique nn. 871-945.

Youcat nn. 145 ; 248-259.

Magistère

JEAN-PAUL II, Exhortation apostolique post-synodale Pastores dabo vobis, 1992.

JEAN-PAUL II, Exhortation apostolique post-synodale Vita consecrata, 1996.

JEAN-PAUL II, Ma vocation : don et mystère, Paris, Pierre Téqui, Bayard, Cerf, Mame, Fleurus, 1999.

Livres

JEAN CHRYSOSTOME, Sur le sacerdoce, éd. Bernard Grillet, coll. « Sources chrétiennes », no 272, Paris, Cerf, 1980.

ATHANASE DALEXANDRIE, Vie de saint Antoine, Paris, BnF/Hachette Livre, 2013.

Mère Geneviève GALLOIS, La vie du petit saint Placide, Chiré-en-Montreuil, Chiré, 2019.

Pierre-Hervé GROSJEAN, Donner sa vie, Perpignan, Artège, 2018.

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