Chapitre 12
Le baptême et la confirmation
Script de la vidéo
Les sacrements : un contact avec Jésus
Dans les Évangiles, Jésus touche souvent les malades pour les guérir. Par exemple, quand il rend la vue à l’aveugle-né, l’évangéliste dit que Jésus fit de la boue avec sa salive. « Puis il appliqua la boue sur les yeux de l’aveugle et lui dit : « Va te laver à la piscine de Siloé ». L’aveugle y alla donc, et il se lava ; quand il revint, il voyait. » (Jn 9, 6-7)
Dans cette scène, nous avons une belle icône de ce que sont les sacrements : des gestes concrets que l’Église pose, à la suite de Jésus, et qui nous mettent en contact avec la grâce de Dieu.
Dans ce chapitre, nous allons parler de deux sacrements « de l’initiation », c’est-à-dire deux sacrements qui inaugurent la vie de la grâce en nous et en renforcent l'effet. Ces deux sacrements sont le baptême et la confirmation.
Le baptême
Le baptême est le premier des sacrements. D'abord, parce que nous le recevons avant tous les autres, mais aussi parce qu'il est la porte vers les autres sacrements. Pour recevoir les autres sacrements, il faut d’abord être baptisé.
On dit que le baptême est le sacrement de la « nouvelle naissance », car nous renaissons, comme Jésus l’a dit à Nicodème. Nous ne naissons pas une nouvelle fois selon la chair ; dans le baptême, nous naissons « d’en haut » : nous naissons à la vie d’enfant de Dieu, nous renaissons de l’eau et de l'Esprit Saint. Cette naissance d’en haut est le corollaire d’une mort : la mort au péché. Dans le baptême, comme dit saint Paul, nous mourons avec le Christ (c’est ce que signifiait l’immersion complète dans l’eau pour les premiers chrétiens) ; et nous ressuscitons avec le Christ pour une vie nouvelle, une vie d’enfant de Dieu, une vie dans la grâce de Dieu.
La matière et la forme du baptême, le ministre
Dans chaque sacrement, saint Thomas d’Aquin nous invite à identifier ce que nous appelons « la forme » et « la matière » du sacrement. C’est-à-dire les paroles (« la forme ») et les gestes (la matière) qui doivent être posés pour que le sacrement soit valide.
Au passage, nous pouvons noter que le ministre du baptême, c’est-à-dire celui qui a la charge d’administrer le sacrement, est un prêtre ou un diacre. Le baptême peut bien sûr être administré par un évêque, comme c’était le cas dans l’Antiquité. Le baptême est si nécessaire pour notre salut, qu’il peut être administré par n'importe qui quand la personne qui souhaite recevoir le baptême est en danger de mort. C’est cette même nécessité qui justifie que, depuis le début de l’Eglise, on administre le baptême aux petits enfants.
Le baptême peut être donné par « effusion » (on verse de l’eau sur la tête) ou par « immersion » (on plonge la personne dans l’eau), mais toujours avec la formule trinitaire : « Pierre, je te baptise au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit ». Ces paroles viennent de la finale de l'Évangile selon saint Matthieu, quand le Seigneur envoie ses disciples vers toutes les nations, en leur donnant l’ordre de les baptiser « au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit ». Le baptême, donc, est institué par le Christ — comme tous les sacrements.
À vrai dire, le Christ a institué le sacrement du baptême à l’occasion de son propre baptême. Mais son baptême à lui représente une situation unique : Jésus, lui, n'est pas purifié du péché. Au contraire, en étant baptisé par Jean, il confère à l'eau le pouvoir de nous purifier du péché, de sanctifier nos âmes. Jésus descend donc dans l'eau du Jourdain, non pas pour être sanctifié par elle, mais pour la sanctifier.
Les effets du baptême
Nous reconnaissons également à chacun des sacrements certains effets. Par le baptême, l'âme est remplie de grâce, de vertus — en particulier les trois vertus théologales : la foi (pour connaître Dieu), l'espérance (pour désirer son Royaume) et la charité (pour l’aimer et aimer tous les hommes en lui). Mais aussi les vertus de prudence, de justice, de force et de tempérance. Et encore, les dons du Saint-Esprit : don de sagesse, de connaissance, d'intelligence, de conseil, de piété, de force et de crainte du Seigneur. C’est ainsi que s’enracine dans le baptême tout un équipement surnaturel qui vient fortifier en nous les vertus humaines pour que nous grandissions toujours plus dans le bien.
En outre, le sacrement du baptême nous sauve du péché originel. Ce faisant, il fait de la personne, par la grâce de Dieu, un véritable enfant de Dieu, un fils adoptif ou une fille adoptive du Très-Haut.
Mais ce n'est pas tout. Le baptême conforme notre humanité à celle de notre Seigneur et Sauveur. Il nous unit à Jésus et fait de nous comme un autre Christ. Non pas de manière abstraite ou impersonnelle, mais réellement et intimement, en nous unissant à la passion, la mort et la résurrection de Jésus. Ainsi, nous commençons à ressembler au Fils unique du Père. Nous devenons, comme on dit parfois, « fils dans le Fils ».
Un autre effet du baptême est qu'il confère à l'âme ce qu’on appelle un « caractère ». Un caractère, c’est une marque indélébile, c'est-à-dire un changement réel qui s'opère dans l'âme et qui ne pourra jamais disparaître. Ce caractère nous donne une part réelle au sacerdoce de Jésus-Christ. Il fait de nous de véritables adorateurs du Père, des adorateurs « en esprit et en vérité », comme le dit Jésus à la Samaritaine, de sorte que nous pouvons offrir un sacrifice spirituel, le seul culte qui plaise à Dieu, en unissant l'offrande de notre vie à celle de Jésus.
La confirmation : matière, forme, ministre, effets
Le second sacrement dont nous devons parler est « la confirmation ». La confirmation est également un sacrement de l'initiation, c'est-à-dire un sacrement qui inaugure et fait grandir en nous la vie chrétienne.
La confirmation, comme son nom l’indique, affermit, renforce les grâces données au baptême. Ainsi, alors que le baptême signifie la naissance d’en haut, la naissance à la vie d’enfant de Dieu, la confirmation signifie la maturité spirituelle.
La matière de la confirmation est l'imposition des mains et l'onction d’une huile parfumée appelée le saint-chrême ; la forme, c’est la formule « Sois marqué de l’Esprit Saint, le don de Dieu ».
Habituellement, la confirmation est célébrée par un évêque, successeur des apôtres — en général l’évêque du lieu. Quand l’évêque ne peut pas se déplacer, la confirmation est célébrée par un prêtre, auquel l’évêque délègue alors le pouvoir de confirmer.
Quant aux effets du sacrement de confirmation, quels sont-ils ? Comme nous l'avons dit, la confirmation est un sacrement qui signifie la maturité ; il engendre donc dans l'âme le type de perfection propre à l'âge adulte. C’est la raison pour laquelle il arrive qu’on attende l’adolescence pour célébrer la confirmation d’un enfant qui a été baptisé tout petit. Mais cet usage n’est pas exclusif.
La confirmation augmente en nous la grâce, les vertus et les dons du Saint-Esprit. L'un des plus beaux effets du sacrement de confirmation est qu'il confère au croyant une force pour mieux témoigner de sa foi chrétienne. Il fortifie l'âme pour avancer dans le combat spirituel que nous menons au cœur du monde.
Enfin, comme le baptême, la confirmation confère un caractère, une marque indélébile. Pour être précis, il y a trois sacrements qui confèrent un caractère : le baptême, la confirmation, et le sacrement de l’ordre (quand un homme est ordonné diacre, prêtre ou évêque). C’est ce qui explique que ces sacrements ne sont pas réitérables : on ne reçoit le baptême et la confirmation qu’une fois dans sa vie !
Conclusion
Avec le baptême et la confirmation, nous comprenons mieux le fait que non seulement la puissance de la grâce émane du Christ, mais qu'elle habite réellement en nous, les membres de l’Église. Les sacrements font naître et grandir en nous une vie nouvelle qui nous vient du Christ et qui nous met sur le chemin du ciel. Dans les prochains chapitres, nous verrons comment le Seigneur accomplit en nous cette œuvre de salut.
Bible et Art
Le Baptême de Jésus — Matthieu 3, 13-17
Alors vint Jésus de la Galilée au Jourdain auprès de Jean, pour être baptisé par lui. Mais Jean l'en empêchait en lui disant :
— C’est moi qui dois être baptisé par toi
et c'est toi qui viens à moi !
Mais Jésus, répondant, lui dit :
— Laisse [faire] maintenant car c'est ainsi qu'il convient que nous accomplissions toute justice.
Alors il le laissa [faire].
Baptisé, il monta aussitôt de l’eau et voici, les cieux lui furent ouverts et il vit l’Esprit de Dieu descendant comme une colombe et venant sur lui. Et voici une voix des cieux qui disait :
— Celui-ci est mon Fils, le Bien-aimé, en qui je me suis complu.
Pour aller plus loin...
Catéchisme et Youcat
Catéchisme de l'Eglise catholique nn. 1210-1321
Youcat nn. 194-207
Livres
AMBROISE DE MILAN, Des sacrements. Des mystères. Explication du symbole, coll. « Sources chrétiennes », no 25 bis, Paris, Cerf, 1961.
Étienne DUMOULIN, La théologie du baptême d’après saint Thomas d’Aquin, Paris, Desclée De Brouwer, 2014.

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