Sélectionner Une Page

Script de la vidéo

L’Église

La foi chrétienne ne se vit jamais de manière isolée. D’après l’adage antique, « On n’est pas chrétien tout seul ». Dès l’origine, la foi s’inscrit dans une réalité visible et spirituelle à la fois : l’Église. Comprendre ce qu’est l’Église est essentiel pour comprendre comment le Christ continue d’agir dans le monde et comment les croyants sont unis à lui et entre eux. L’Église n’est donc pas une simple organisation humaine, malgré les apparences quelquefois. Elle est une réalité surnaturelle, voulue par Dieu dès l’origine, et manifestée par le Christ. 

1. L’Église dans le dessein de Dieu

L’Écriture sainte montre que Dieu ne sauve pas les hommes de manière individuelle et dispersée, mais qu’il les rassemble en un peuple, son Peuple. Dès l’Ancien Testament, Dieu se choisit et constitue Israël, qu’il appelle à vivre en alliance avec lui. 

Cette histoire sainte trouve son accomplissement en Jésus-Christ. Par son incarnation, sa prédication, sa mort et sa résurrection, le Sauveur inaugure l’alliance nouvelle et définitive. Il rassemble autour de lui des disciples, il les instruit, il les envoie, et leur promet la présence de l’Esprit Saint. L’Église de la terre naît ainsi du côté ouvert du Christ et du don de l’Esprit à la Pentecôte. Elle est voulue par Dieu comme le lieu ordinaire où l’homme accède au salut offert par le Christ.

Pour saisir ce mystère, l’Écriture emploie différentes images. (Ce mystère est tellement grand qu’il faut l’observer à travers différents points de vue). Elle est le Corps du Christ, son Épouse, le Peuple de Dieu, le Temple de l’Esprit.

a. L’Église : Corps et épouse du Christ

L’Église est le Corps du Christ. C’est là l’une des images les plus fortes utilisées par le Nouveau Testament (S. Paul en particulier) pour parler de l’Église. Le Christ est la tête de ce corps, que l’on qualifie parfois de « mystique ». Les baptisés en sont les membres. (Et) comme le dit souvent S. Augustin, tous les deux (le Christ et l’Église) forment ensemble « le Christ-Total ». Ou comme le déclarait Jeanne d’Arc à ses juges, « M’est avis que du Christ et de l’Église, c’est tout un. »

Par le baptême, les chrétiens sont réellement incorporés au Christ et unis entre eux. Il ne s’agit pas seulement d’une union morale ou symbolique (comme une association ou même un État), mais d’une communion réelle rendue possible par la grâce. Chaque membre a sa place et sa fonction. Aucun n’est inutile, aucun n’est autosuffisant. Tous reçoivent leur vie du Christ (la Tête) et sont ordonnés à l’édification de l’ensemble.

L’unité du Christ et de l’Église, de la Tête et des membres, implique aussi la distinction entre les deux. L’image du Corps est donc complétée par celle de l’Époux et de l’Épouse, dont Jean-Baptiste parlait déjà et que S. Paul développa dans l’épître aux Éphésiens : l’Église est l’épouse immaculée que le Christ a aimée, pour laquelle il s’est livré afin de la sanctifier. 

b. Peuple de Dieu

Cette expression souligne la continuité entre l’Ancienne et la Nouvelle Alliance, et rappelle que l’Église est un peuple rassemblé par Dieu, appelé à lui appartenir et à marcher sous sa conduite (pensez par exemple à l’Exode). Comme les Hébreux dans le désert, le Peuple de Dieu est en pèlerinage dans le monde. Il n’est pas encore parvenu à sa plénitude. Il avance dans l’histoire, soutenu par la grâce, en attendant l’accomplissement définitif du Royaume de Dieu (quand l’Église de la Terre aura rejoint l’Église du Ciel, celle des anges et des saints).

De cette image très riche, il découle une conséquence : l’Église, qui est un Peuple, est structurée hiérarchiquement, et cela se voit. Le Christ a confié aux apôtres et à leurs successeurs une mission particulière : enseigner, sanctifier et gouverner le peuple de Dieu, avec l’aide de Dieu. Les évêques, en communion avec le pape, exercent cette mission. Les prêtres y participent comme coopérateurs, et les diacres sont ordonnés pour le service. Ce sont là bien sûr des instruments imparfaits, mais il y a la promesse du Christ : « les portes de l’enfer ne l’emporteront pas contre elle » (cf. Mt 16, 18).

Cela dit, les fidèles laïcs ne sont évidemment pas des membres passifs de l’Église. Par leur baptême, ils participent à la mission du Christ et sont appelés à sanctifier le monde de l’intérieur, par leur vie familiale, professionnelle et sociale.

2. L’Église, sacrement universel du salut

Le concile Vatican II a aussi qualifié l’Église de sacrement universel du salut. Cette expression mérite d’être bien comprise. Dire que l’Église est un sacrement signifie qu’elle est ici-bas à la fois signe et instrument. Par sa vie, elle rend visible de manière concrète l’œuvre invisible de Dieu et elle est le moyen par lequel cette œuvre s’accomplit dans le monde. Elle est le lieu où le salut est annoncé et offert, en particulier par la prédication de la Parole, la célébration des sacrements, et le gouvernement des Pasteurs légitimes. Comme le disait Bossuet, « elle est Jésus-Christ répandu et communiqué. »

Vous l’aurez compris, être chrétien (être membre de l’Église ici-bas) est donc aussi une responsabilité : appartenir au Peuple de Dieu signifie recevoir une dignité nouvelle (celle de fils et filles de Dieu, et ça ce n’est pas rien), mais cela implique aussi de vivre selon la vocation reçue et de rendre témoignage à la vérité de l’Évangile dans le monde. L’Église de la terre est comme un sacrement : les chrétiens ne doivent donc pas porter de contre témoignage, pour bien signifier partout cette grâce divine qui les habite.  

3. L’unité, la sainteté, la catholicité et l’apostolicité de l’Église

Le Credo ou Symbole de Nicée confesse que l’Église est une, sainte, catholique et apostolique. Ce sont là ses notes ou attributs ; des caractéristiques essentielles.

Elle est une, parce qu’elle a un seul Seigneur, une seule foi et un seul baptême. Cette unité est un don de Dieu (elle n’est pas le résultat d’un contrat social) ; l’Église est une, parce qu’un seul Esprit – l’Esprit Saint – en est comme l’âme. Ce qui n’empêche pas, évidemment, que l’unité soit aussi une tâche confiée aux chrétiens (le péché qui divise est toujours à l’œuvre dans notre cœur ; il faut donc sans cesse travailler à cette unité). L’Église est aussi sainte, non parce que tous ses membres seraient moralement parfaits, mais parce qu’elle est sanctifiée par le Christ et dotée des moyens de sanctification, en particulier les sacrements. Elle est catholique, c’est-à-dire universelle. Elle est envoyée à tous les peuples et porte en elle la plénitude des moyens du salut et de la vérité. Elle est apostolique, parce qu’elle est fondée sur le témoignage des apôtres et demeure fidèle à travers l’histoire, à leur enseignement, transmis par la succession apostolique (ce qui n’empêche pas naturellement certains approfondissements).

Conclusion

Vous l’aurez saisi, l’Église est donc avant tout un mystère à contempler. À la différence d’un État, elle n’est pas une réalité simplement humaine. Elle est le Peuple de Dieu, le Corps/l’Épouse du Christ, le Temple de l’Esprit (c’est « l’Église de la Trinité »), le sacrement du salut pour le monde.

Appartenir à l’Église, c’est recevoir une grâce (participer à la nature divine) et une responsabilité : vivre en communion avec le Christ et avec les autres membres de son Corps, et participer à la mission que Dieu confie à son Église dans l’histoire. « Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit » (Mt 28, 19).

Bible et Art

Une foule immense de toutes les nations — Apocalypse 7, 9-17

Après cela, je vis une foule immense que personne ne pouvait compter de toute nation, de toute tribu, de tout peuple et de toute langue. Ils étaient debout devant le trône et devant l’Agneau vêtus de robes blanches et des palmes à la main. Et ils criaient d’une voix forte disant :

— Le salut est à notre Dieu qui est assis sur le trône et à l’Agneau !

Pour aller plus loin...

Catéchisme et Youcat

Catéchisme de l'Eglise catholique nn. 748-913.

Youcat nn. 121-144

Magistère

CONCILE VATICAN II, Constitution dogmatique Lumen gentium, 1964.

Livres

Charles JOURNET, Entretiens sur l’Église et les sacrements, Plans-sur-Bex, Parole et Silence, 2008.

Guillaume de MENTHIÈRE, L’Église, vraiment sainte ? : conférences de carême 2020 de Notre-Dame de Paris, Plans-sur-Bex, Parole et Silence, 2020.

Approfondissez votre foi.

Credo

Comprendre et vivre la foi catholique

Un livre publié aux éditions du Cerf.

Province de Toulouse
1, impasse Lacordaire
31400 Toulouse

Institutions

Dominicains de la Province de Toulouse

Diocèse de Monaco

Thomistic Institute

Éditions du Cerf