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Chapitre 10

L'Église

Script de la vidéo

L’Église catholique affirme que la raison humaine peut connaître Dieu. Cependant, cette connaissance est limitée : Dieu est trop grand pour notre intelligence. La plus haute connaissance que nous puissions avoir de Dieu dans cette vie nous est offerte par la grâce de la foi surnaturelle. « Surnaturelle », c’est-à-dire : « au-dessus et au-delà de la nature ». La foi est une lumière qui nous est donnée par Dieu, par sa grâce, pour surélever notre raison et nous rendre capables de connaître Dieu tel qu’il est, en son intimité. Par « foi », nous désignons l’acte par lequel nous répondons à cette lumière, en croyant Dieu qui se révèle comme vérité et en adhérant à toute la vérité qu’il nous a révélée. Elle conduit à une relation intime de confiance, un peu comme lorsqu’un ami nous dit une vérité profonde d’une importance suprême et que nous le croyons, notamment parce qu’il est notre ami.

1. La connaissance de Dieu par la foi

1.2. La grâce de la foi

La foi est avant tout une grâce (c’est-à-dire un don) de Dieu, accordée à l’être humain dans son intelligence, son esprit, afin qu’il connaisse que le mystère de Dieu est bien réel. C’est la foi qui nous permet de savoir que Jésus est bien le Christ, vrai Dieu et vrai homme. C’est la foi qui permet de connaître Dieu comme Trinité sainte de personnes ; de savoir que la Bible est un livre inspiré ; que l’Église catholique est d’origine divine, fondée réellement par Jésus-Christ lui-même. Nous ne pouvons pas le déduire par nous-mêmes, par un simple raisonnement ou par instinct. La foi est donnée, infusée par l’Esprit Saint, principalement par le sacrement du baptême. En même temps, notre liberté reste entière et il nous revient de consentir librement à ce don. C’est notre engagement soutenu envers le Christ et l’Église et le travail de notre intelligence qui cherche à connaître, qui permettent à la foi de grandir. « "Tous les hommes aspirent à la connaissance" et l'objet de cette aspiration est la vérité ». Nous pouvons grandir dans la foi et mieux comprendre le mystère de Dieu. Pour cela, nous devons adhérer à Dieu avec amour, et rester fidèles à son enseignement en vivant pleinement notre vie baptismale.

1.2 La vérité de la foi

La foi en Dieu n’est pas irrationnelle ou injustifiée. Ce n’est pas parce que la foi dépasse la raison qu’elle est contraire à la raison. Chaque jour, nous croyons ce que d’autres nous disent. Nous apprenons des vérités en faisant confiance à ce que d’autres nous disent. Par exemple, la plupart d’entre nous n’avons pas de connaissance directe des planètes de notre système solaire, mais nous faisons confiance aux astronomes qui nous disent qu’elles existent. Nous croyons d’autant plus une affirmation que celui qui la dit est crédible et digne de confiance. En ce qui concerne la foi, nous faisons confiance à Dieu : il est lui-même la vérité et il se révèle à nous dans le Christ. Dieu ne peut ni se tromper ni nous tromper. Sa révélation ne peut pas contenir d’erreur. En outre, Dieu nous donne ce que l’Église appelle des « signes certains de crédibilité ». Ils exposent les raisons de croire : ces signes comprennent, entre autres, la permanence de l’Église au cours des siècles malgré les péchés de ses membres. On peut aussi remarquer la cohérence de son enseignement, la sagesse de sa morale, et particulièrement le témoignage des saints.

Cependant, les mystères de la foi restent cachés, parce qu’ils sont trop lumineux. Notre esprit ne peut pas en faire le tour complètement parce qu’ils excèdent les capacités de notre intelligence, même surélevée par la foi. Même s’il est raisonnable de les croire (les mystères sont crédibles et les signes de crédibilité confirment leur vérité), des vérités comme la divinité du Christ et la réalité de la Sainte Trinité ne peuvent pas être prouvées par la raison. En revanche, la lumière surnaturelle de la foi permet au croyant de les embrasser sans hésitation et d’affirmer qu’elles sont vraies.

2. Le contenu de la foi

Quel est le contenu de la foi ? Que croyons-nous ? L’Église professe la foi en la révélation de Dieu. Revelatio en latin signifie « dévoilement », « manifestation » ou « révélation de soi ». Dans la révélation divine, Dieu nous dit qui il est vraiment : le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Nous ne pourrions jamais savoir cela si Dieu ne nous l’avait pas révélé et ne nous avait pas donné le don de la foi pour croire ce qu’il dit. En effet, le Père nous le dit par son Fils qu’il a envoyé dans le monde. Par lui, il nous envoie aussi l’Esprit Saint qui nous donne de croire à cette Parole. Ainsi, Dieu nous révèle le mystère même de son être. Dieu ne veut pas seulement que nous le connaissions, mais que nous le connaissions en personne, que nous entrions en communion avec lui par la grâce et que nous participions à la vie divine. Saint Pierre fait cette expérience que nous sommes tous appelés à vivre : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux » (Mt 16, 17).

2.1. La Parole de Dieu dans les saintes Écritures 

Dieu s’est révélé à nous à travers les livres inspirés qui constituent la Bible. Premièrement, les 46 livres de l’Ancien Testament que nous avons en commun avec le peuple juif. Deuxièmement, les 27 livres du Nouveau Testament qui rassemblent les évangiles et les écrits des apôtres. Il n’y a plus de révélation divine après l’époque des apôtres. La Bible (Ancien et Nouveau Testament ensemble) constitue un trésor de sagesse révélée. Son enseignement porte avant tout sur Dieu et sur les moyens qu’il nous donne pour répondre à son alliance.

L’Église catholique enseigne que les Écritures contiennent la parole inspirée de Dieu. Elles ont pour auteur principal l’Esprit Saint, même si elles sont aussi l’œuvre de divers auteurs humains. Par conséquent, la Bible est entièrement divine et entièrement humaine. Bien qu’elle porte les marques de diverses époques et cultures, elle contient la véritable Parole de Dieu. Dieu a révélé dans l’Écriture tout ce qu’il veut que nous sachions pour notre salut. En effet, comme le dit saint Paul : « [Dieu] veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la pleine connaissance de la vérité » (1 Tim 2, 4).

2.2. La Tradition

L’Église tire son enseignement de la Parole de Dieu. La parole de Dieu est donnée à l’Église par le moyen de la sainte Écriture dont la juste interprétation s’appelle la Tradition. On distingue la tradition apostolique et la tradition postapostolique. La tradition apostolique est celle des Douze Apôtres qui ont transmis l’enseignement du Nouveau Testament. Cette tradition comprend aussi la célébration des sacrements, comme l’Eucharistie ou le Baptême.

La tradition postapostolique déploie la tradition apostolique, comme l’arbre contenu tout entier dans la graine grandit et se développe au cours du temps. Cette tradition postapostolique contient donc les doctrines, les prières liturgiques, les lois canoniques et les coutumes pieuses que l’Église a maintenues au cours des deux derniers millénaires, dans la fidélité au dépôt de la foi. Après avoir inspiré les Apôtres, l’Esprit-Saint assiste leurs successeurs pour garder fidèlement au cours du temps la foi reçue dès l’origine. Comme le dit saint Jean : « ce qui était depuis le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et que nos mains ont touché du Verbe de vie, nous vous l’annonçons » (1 Jn 1, 1). Grâce aux évêques de l’Église catholique en communion avec le pape, évêque de Rome et successeur de saint Pierre, les fidèles sont assurés de recevoir l’intégralité du donné révélé.

2.3. Le Magistère de l’Église

Le pape et les évêques ont reçu la charge de conserver le dépôt de la foi. Ils ne peuvent pas innover ou ajouter au Nouveau Testament ou à l’enseignement des Apôtres. Grâce à l’assistance du Saint-Esprit, ils peuvent discerner, identifier, interpréter cet enseignement. Pour le dire autrement, ils ont le « charisme » dans l’Église de montrer ce que les Écritures enseignent vraiment. C’est particulièrement nécessaire quand de graves questions se posent sur la bonne interprétation des Écritures. Ils ont la responsabilité ultime de clarifier ce que l’Église croit et confesse, dans l’obéissance à l’Écriture. Ce faisant, ils assurent l’unité de l’Église et son témoignage public. Pour ce faire, le pape et les évêques peuvent et doivent clarifier sous forme doctrinale l’enseignement de l’Église en ce qui concerne la foi et la vie morale. Ils exercent ce que l’on appelle le « magistère », c’est-à-dire la fonction d’enseignement de l’Église.

Conclusion

Ainsi, grâce aux Écritures et à l’Église, Dieu fait toujours entendre sa parole. Par elle, il nous appelle à vivre en communion avec lui, pour que nous soyons sauvés et que notre joie soit parfaite.

Bible et Art

Une foule immense de toutes les nations — Apocalypse 7, 9-17

Après cela, je vis une foule immense que personne ne pouvait compter de toute nation, de toute tribu, de tout peuple et de toute langue. Ils étaient debout devant le trône et devant l’Agneau vêtus de robes blanches et des palmes à la main. Et ils criaient d’une voix forte disant :

— Le salut est à notre Dieu qui est assis sur le trône et à l’Agneau !

Pour aller plus loin...

Catéchisme et Youcat

Catéchisme de l'Eglise catholique nn. 748-913.

Youcat nn. 121-144

Magistère

CONCILE VATICAN II, Constitution dogmatique Lumen gentium, 1964.

Livres

Charles JOURNET, Entretiens sur lÉglise et les sacrements, Plans-sur-Bex, Parole et Silence, 2008.

Guillaume de MENTHIÈRE, LÉglise, vraiment sainte ? : conférences de carême 2020 de Notre-Dame de Paris, Plans-sur-Bex, Parole et Silence, 2020.

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Un livre publié aux éditions du Cerf.

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