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Chapitre 8

Jésus Christ, notre sauveur
et notre rédempteur

Script de la vidéo

« Il n’y a qu’un seul médiateur
entre Dieu et les hommes :
un homme, le Christ Jésus,
qui s’est donné lui-même
en rançon pour tous »
(1 Tm 2, 5-6)

Dieu vient nous sauver

Il y a des vérités chrétiennes qui éclairent la vie ; et il y en a une qui en est le centre brûlant : Dieu ne nous a pas seulement créés… il est venu nous sauver.
La foi chrétienne n’est pas d’abord une morale, ni une philosophie, ni un ensemble de rites. Elle est l’annonce d’un événement : Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme, est entré dans notre histoire, a souffert, est mort et est ressuscité pour nous. 

Pourquoi un Sauveur ? Notre blessure

Pourquoi fallait-il un Sauveur ? Parce que l’humanité, créée bonne, est blessée. Nous l’avons vu avec la chute : quelque chose en nous résiste à Dieu, à la vérité, au bien, parfois même à l’amour. Nous voulons le bien et nous faisons le mal. Nous aspirons à la paix et nous engendrons des conflits. Nous désirons vivre et nous rencontrons la mort. Et dans cette condition, ce n’est pas seulement un « manque d’effort » : c’est comme une fracture intérieure. La Bible appelle cela un esclavage : nous ne vivons pas pleinement ce pour quoi nous sommes faits. Et voici la Bonne Nouvelle : Dieu ne regarde pas cette fracture de loin. Il ne se contente pas de nous envoyer des conseils. Il vient lui-même.

Pourquoi Dieu s’est-il fait homme ?

La question est immense : Pourquoi Dieu s’est-il fait homme ? On peut répondre de plusieurs manières, qui se complètent.

D’abord, pour nous révéler qui est Dieu. Sur la croix, nous ne voyons pas seulement un homme qui souffre : nous voyons le visage de Dieu. Non pas un Dieu lointain, froid, indifférent, mais un Dieu qui aime jusqu’au bout. Le Dieu chrétien n’est pas une idée : il a un nom, il se révèle dans une histoire. Il est Père, Fils et Esprit Saint, communion d’amour. Et le Fils, en devenant homme, nous fait entrer dans cette communion. 

Ensuite, Dieu s’est fait homme pour être solidaire des hommes. Il n’a pas survolé notre misère : il l’a assumée. Il a connu la fatigue, l’incompréhension, l’injustice, la trahison, la peur, les larmes… et finalement la mort. Cela change tout quand on souffre : notre douleur n’est pas étrangère à Dieu. En Jésus, Dieu a traversé ce que nous traversons. 

Enfin, Dieu s’est fait homme pour nous réconcilier avec lui. Il ne s’agit pas seulement de nous consoler, mais de nous sauver réellement, c’est-à-dire de nous faire passer du péché à la grâce, de l’éloignement à la communion, de la mort à la vie.

La croix : la victoire de l’amour

Le mystère pascal — passion, mort et résurrection — est l’axe de toute la foi chrétienne.
On pourrait croire que la croix est d’abord un échec. En réalité, elle est la forme extrême de l’amour. Jésus ne meurt pas parce qu’il a « perdu ». Il donne sa vie. Sa mort n’est pas une fatalité subie : elle est une offrande libre. L’Évangile insiste : Jésus s’avance, il consent, il remet son esprit au Père. Il est obéissant, non comme un esclave, mais comme un fils qui aime. Et cela nous révèle une chose fondamentale : Dieu combat le mal non par la violence, mais par l’amour. Le mal se nourrit de haine, de peur, de mensonge, de vengeance. Jésus ne répond pas sur le même registre. Il traverse la haine sans devenir haineux. Il traverse l’injustice sans devenir injuste. Il traverse la mort sans cesser d’aimer. Voilà pourquoi la croix est une victoire, même si elle ressemble à une défaite : c’est la victoire d’une charité invincible.

Comment sa mort nous sauve ?

Ici, on touche un mystère délicat : comment la mort du Christ nous sauve-t-elle ? L’Écriture parle d’expiation, ou de rédemption : Jésus nous réconcilie avec le Père par son offrande.
Cela ne veut pas dire que le Père serait cruel et que le Fils viendrait l’apaiser. Non : le Père et le Fils ne sont pas opposés. Le Père aime le monde et il envoie le Fils. Le Fils aime et il se donne. Tout est amour, mais un amour qui prend au sérieux la gravité du péché. On peut le dire simplement : le péché, c’est refuser l’amour, et cela détruit la communion. Or, pour restaurer la communion, il ne suffit pas de dire « on oublie ». Il faut guérir. Il faut une réparation, non au sens comptable, mais au sens d’un amour qui vient là où l’amour a été refusé. Jésus, en tant qu’homme véritable, vit une obéissance parfaite, une confiance parfaite, une charité parfaite. Là où l’humanité a dit : « je veux vivre sans Dieu », Jésus dit : « Père, je viens faire ta volonté ». Il récapitule l’humanité dans une fidélité totale. Et comme il est aussi vrai Dieu, cette offrande a une valeur infinie : elle ouvre pour tous un chemin de pardon et de vie. On pourrait résumer ainsi : le Christ ne prend pas seulement notre place ; il nous donne sa vie. Il ne vient pas seulement subir quelque chose « à notre place », mais offrir au Père, en notre nom, l’amour que nous n’arrivons pas à offrir et que nous avons refusé de lui offrir.

Une souffrance jusqu’au cœur

Souvent, on imagine la Passion seulement comme un supplice physique. Bien sûr, la souffrance corporelle est réelle : le fouet, les épines, les clous, l’asphyxie progressive. Mais Jésus souffre aussi dans son cœur. Il souffre de l’abandon : les disciples s’enfuient, Pierre renie, Judas trahit. Il souffre de l’humiliation publique, de l’injustice du procès, du mépris. Et il souffre plus profondément encore d’une souffrance spirituelle : la confrontation avec le péché du monde. Jésus porte, non pas une culpabilité personnelle — il est sans péché — mais le poids de ce que le péché fait à l’homme : la haine, la violence, les mensonges, les vies brisées. Il pleure sur l’humanité, comme on pleure sur quelqu’un qu’on aime et qu’on voit se détruire. Et pourtant, au cœur de cette nuit, il demeure fils : « Père, entre tes mains je remets mon esprit. » C’est cela qui sauve : une confiance parfaite dans l’obscurité.

Ressuscité pour ne plus mourir

La résurrection n’est pas un « retour à la vie d’avant », comme lorsque Jésus ressuscite Lazare. Lazare revient à la vie… mais il mourra de nouveau. Jésus, lui, ressuscite pour ne plus mourir. Son corps et son âme sont réunis et glorifiés. Il demeure homme, avec un vrai corps, mais transfiguré : il n’est plus soumis à la souffrance, ni aux limites ordinaires du temps et de l’espace. C’est capital : la résurrection signifie que la matière, le corps, l’histoire humaine ne sont pas méprisés. Dieu ne sauve pas « malgré le corps », mais avec le corps, en le transformant. Et cela fait de Pâques le premier moment de la nouvelle création : Dieu recommence le monde, non en effaçant l’ancien, mais en le guérissant de l’intérieur. Jésus ressuscité est comme le premier fruit d’une moisson : il annonce ce qui doit arriver à toute l’humanité.

Et pour moi, aujourd’hui ?

Tout cela pourrait rester une belle doctrine… si ce n’était pas pour nous. Comment ce mystère devient-il réel dans ma vie ? D’abord, par la foi : croire que Jésus est vivant, qu’il est Seigneur, et qu’il me rejoint. Mais la foi chrétienne n’est pas seulement une idée : elle est une rencontre avec celui qui m’a aimé jusqu’à la croix et qui m’aime éternellement. Ensuite, par les sacrements, en particulier le baptême et l’eucharistie. Le baptême nous fait entrer dans la mort et la résurrection du Christ : nous mourons à l’homme ancien, nous renaissons à une vie nouvelle. L’eucharistie nous unit au Christ vivant : il nous nourrit de sa vie, il nous configure à lui. Enfin, par une manière nouvelle de vivre la souffrance et la mort. Le christianisme ne promet pas une existence sans croix, mais une croix habitée. Nos épreuves peuvent devenir un lieu d’union au Christ : non pas parce que la souffrance serait bonne, mais parce que l’amour peut y entrer, et la transformer de l’intérieur.

Le monde a besoin d’espérance. Et l’espérance chrétienne n’est pas une idée optimiste : elle a un nom. Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme, mort et ressuscité, est le médiateur unique. Il réconcilie l’homme avec Dieu. Non parce que Dieu serait fermé, mais parce que Dieu a ouvert dans le Christ un passage sûr. Si je dois retenir une chose : Dieu ne nous sauve pas de loin. Il nous sauve en venant jusqu’à nous, en assumant notre condition, en portant notre blessure, et en ouvrant une vie nouvelle. Alors oui, nous sommes blessés… mais nous ne sommes pas abandonnés. Et si le Christ est ressuscité, la fin de notre histoire n’est pas la tombe, mais la vie.

Bible et Art

Le Christ ressuscité apparaît à Marie-Madeleine — Jean 20, 1-18

Le premier jour de la semaine, Marie-Madeleine vient au sépulcre le matin, alors qu'il y avait encore des ténèbres et elle voit la pierre enlevée du sépulcre.

Pour aller plus loin...

Catéchisme et Youcat

Catéchisme de l'Eglise catholique nn. 571-682.

Youcat nn. 86-110

Livres

Christophe SCHÖNBORN, Licône du Christ, Paris, Cerf, 1986.

Romano GUARDINI, Le Seigneur, Paris, Salvator, 2018.

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Un livre publié aux éditions du Cerf.

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